Pensée et préparée en 2026, montée et vernie en 2026, « PARA BELLUM » est une exposition qui résume parfaitement en deux mots latins (empruntés à Végèce) l’atmosphère de l’année qu’elle clôture, et l’esprit de celle à venir.
Mais cette fois, c’est Sarah – Sphinx des 26 Chaises – qui écrit plus longuement au sujet de l’événement, voici ses mots :
«Si vis pacem, para bellum. »
Si tu veux la paix, prépare la guerre.
Il est des combats tonitruants qui façonnent les actualités et le destin de nations entières. Des guerres absurdes, répétées à l’infini, dont les ruines s’impriment dans la conscience collective que nous appelons l’Histoire.
Car la mémoire s’émousse, les discours s’effacent, et ils pèsent toujours moins que la cupidité, la soif de pouvoir et le rejet de l’autre.
Mais il existe aussi des combats silencieux. Invisibles. Intimes. Ceux qui se jouent dans nos maisons, nos corps, nos esprits. Ceux qui se livrent loin des regards, au cœur même de nos vies.
De ceux-là, on parle peu.
On parle moins.
On ne parle pas.
On souffre en silence, on se replie. Pourtant, chaque jour qui se lève est une bataille, et chaque sourire, une victoire arrachée à l’ennemi.
Se replier n’est pas abandonner. C’est parfois le temps nécessaire pour lever son armée — une armée intérieure.
Une armée faite de cœur, d’âme et d’esprit. Une armée qui combat pour nous et par nous, dont nous sommes à la fois le général et le champ de bataille.
De victime désœuvrée, je deviens combattant·e de l’invisible. Un être que tu croises dans la rue sans imaginer que, sous la peau, la guerre fait rage.
La souffrance n’est pas une finalité. Elle est un langage. Un signal qui nous intime de partir à la conquête de ce qui est profond, authentique, irréductiblement vivant.
L’adversité nous contraint à une question essentielle : que sommes-nous prêts à laisser mourir, et que sommes-nous prêts à détruire pour pouvoir construire ?
L’exposition PARA BELLUM d’Aude Carbone raconte cette traversée. L’irruption du monstrueux dans nos existences, l’effondrement des certitudes, la perte de l’illusion d’une sécurité acquise. Elle évoque l’ébranlement de notre maison intérieure, de nos sanctuaires privés, de ce que nous pensions inviolable.
Ces monstres extérieurs aux visages “humains” nous forcent à rencontrer les nôtres — ceux de la sincérité, ceux qui, paradoxalement, peuvent devenir notre salut.
À travers des créatures hybrides et des décors chargés d’une poésie sombre, Aude Carbone matérialise ces dialogues invisibles qui nous habitent. Son univers, presque romantique au sens premier, donne forme aux mouvements de l’âme.
Artiste du fantastique, elle déploie des mondes expressionnistes, acides et théâtraux. Sérigraphe d’une précision chirurgicale, elle partage ici sa vision de la guerre intime, celle que chacun mène à l’intérieur de soi.
Elle nous fait l’honneur de venir à Paris présenter son travail et d’ouvrir un espace de rencontre entre combattant·e·s de l’invisible.
Venez la rencontrer et vous plonger dans les mondes infinis d’Aude Carbone au cours de son vernissage :
► Vendredi 16 janvier 2026 de 19h à 22h
► Galerie des 26 Chaises, 47 rue Polonceau, Paris XVIII
►LIEN vers la galerie de 26 chaises